Les Talents dans le secteur pharmaceutique Tunisien

  1. L’importance du secteur pharmaceutique en Tunisie :

La Tunisie est le premiers pays africain à s’être doté d’une industrie pharmaceutique. Dès les années 90, l’état a fourni un cadre juridique aidant au développement du secteur et à sa privatisation. La couverture des besoins du pays est passée de 14% en 1990 à 45% en 2010. Le développement des infrastructures ainsi que la compétitivité de la Tunisie en tant que hub en recherche et développement ont favorisé l’installation de plusieurs filiales de multinationales. En effet, la Tunisie dispose aujourd’hui de 35 centres de recherche, de 147 laboratoires et de 610 unités spécialisées dans la recherche scientifique dont 50% opèrent dans la biotechnologie. Ce secteur fait donc partie intégrante du parc économique tunisien. Malgré les perturbations suite à la révolution et la dépréciation du dinar, l’industrie pharmaceutique n’a cessé de se développer.

Il faut savoir que la Tunisie a investi de façon importante dans la formation médicale et paramédicale. Elle compte 4 facultés de médecine, une faculté de pharmacie, une faculté de médecine dentaire et plus que 20 écoles supérieures de santés.

Ces formations ont permis à la Tunisie de fournir les compétences nécessaires à cette industrie. Cependant, et comme tout secteur en expansion, la gestion des ressources humaines reste un sujet délicat.

  1. L’expérience de Lincoln Associates dans ce secteur :

Etant donné la dynamique du secteur, son développement et les contraintes locales, la gestion de ressources humaines, et particulièrement la gestion des Talents, s’en trouve directement impactée. On retrouve deux politiques en la matière :

  • Le recrutement externe d’experts ou de profils sénior, particulièrement difficile aujourd’hui ;
  • La mobilité interne en investissant dans les jeunes Talents.

Dans les deux cas, les enjeux peuvent être complexes. Le recrutement d’experts est vite limité de par la rareté des profils et peut constituer un coût important. La gestion des Talents en interne par la mobilité semble donc une réponse plus intéressante, à condition de détecter les potentiels et de savoir comment les développer. Ces process sont de plus en plus externalisés auprès de cabinet conseil en Assessment Center, permettant aux organisations une objectivité saine.

Enfin, le secteur pharmaceutique est de plus en plus touché par la régionalisation des postes de Top Management : le scope couvert regroupe alors plusieurs pays et demande des Talents de haut niveau managérial. Les postes de Business Unit Management, Market Access et Regulatory sont les plus touché aujourd’hui.

  1. Recommandations/horizons du secteur en Tunisie :

Pour continuer de garder cette dynamique de développement permise grâce aux Talents que fournit la Tunisie, il semble nécessaire de préparer ces derniers à de nouveaux défis régionaux.

En effet, les formations aujourd’hui fournissent des compétences techniques de haut niveau mais ne préparent pas suffisamment au rôle managérial que ces fonctions peuvent prendre. De leur côté, les entreprises doivent préparer en amont les évolutions en investissant davantage dans les plans de formation en management pour mieux préparer les collaborateurs.

Externaliser les évaluations de ces potentiels est l’une des solutions possibles : elle permet une objectivité de l’évaluation et une acceptation par les collaborateurs du process. Par ailleurs, elle permet une évaluation du potentiel humain et managérial, en plus de l’évaluation technique classique.